George W. Bush est désormais libre de savourer une victoire électorale totale après avoir rassemblé la majorité du vote populaire et accru son emprise sur le Congrès. Fort désormais d'une légitimité qui renforce son pouvoir pour entamer un deuxième mandat, le président sortant peut se targuer d'avoir rassemblé le plus de voix au niveau national, avec un peu plus de 58 millions de suffrages (51%) contre 54,5 millions à Kerry (48%), une belle revanche pour celui qui avait été élu il y a quatre ans sans majorité populaire.
Autre satisfaction pour cet homme de 58 ans: en obtenant un nouveau mandat, il a réussi là où son père avait échoué devant Bill Clinton en 1992. Cerise sur le gateau, les républicains ont aussi gardé et même renforcé les majorités dont ils disposaient déjà dans les deux Chambres du Congrès. Car lors de ce scrutin, les Américains élisaient aussi un tiers du Sénat et une nouvelle Chambre des représentants. De manière globale, l'élection aura consacré un enracinement des républicains, et une remarquable stabilité du pays puisque malgré un premier mandat marqué par les attentats du 11 septembre 2001 et la guerre en Irak, la quasi-totalité des Etats n'avait pas changé de couleur politique.
George W. Bush peut se féliciter de sa stratégie électorale, insistant sur son rôle de commandant en chef et se présentant comme le seul candidat capable de mener à bien la "guerre contre le terrorisme", préoccupation numéro un des Américains selon les sondages. Sonnés, les démocrates vont devoir maintenant remonter la pente et vraisemblablement se chercher un nouveau dirigeant, certains murmurant déjà le nom de Hillary Clinton. Le président a reçu les félicitaions de ses plus fidèles alliés comme le Premier ministre britannique Tony Blair, soulignant "l'histoire commune" des deux pays. Le président français Jacques Chirac, dirigeant européen aux relations les plus tendues avec Washington, a souhaité voir "se renforcer l'amitié franco-américaine". L'Union européenne a fait valoir les liens de "partenaires naturels et indispensables", tandis que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, opposé à Bush sur la guerre en Irak, s'est dit "déterminé" à continuer à travailler avec lui.
Israel a exprimé sa satisfaction aprés l'élection du président américain alors que les Arabes résignés à subir Bush encore 4 ans éspérent, sans y croire vraiment, un assouplissement de la politique Bush.